LES PHRASES SIMPLE ET COMPLEXE

La phrase simple

Le modèle de base de la phrase est la phrase déclarative minimale, comportant un groupe nominal sujet et un groupe verbal constitué d'un verbe simple (La nuit tombe) ou comportant un ou plusieurs groupes nominaux en fonction de complément (Les enfants ont ouvert leurs cadeaux ce matin?; Paul est avocat depuis deux ans déjà). Mais un nombre important de phrases possibles ne correspondent pas à ce modèle, soit parce qu'elles sont segmentées (C'est du joli, cette histoire), soit parce qu'elles n'ont pas de verbe (Vivement le printemps?!), auquel cas elles peuvent se limiter à une interjection (Tiens?!).

Par rapport au modèle de la phrase simple, on distingue des phrases complexes, composées d'au moins deux propositions. Il existe plusieurs types de phrases complexes.

La phrase complexe

Une phrase complexe peut être constituée d'au moins deux propositions conjointes par un signe de ponctuation ne servant pas à la délimitation entre phrases. On dira alors que ces propositions sont juxtaposées (Il fait beau, les enfants vont pouvoir aller jouer dans le jardin). On parle de propositions coordonnées quand la phrase complexe est constituée d'au moins deux propositions reliées par une conjonction de coordination du type et, ou, ni, mais, etc. (Il avait plu et les feuilles des arbres brillaient). Par ailleurs, le rapport entre des propositions juxtaposées pourrait dans bon nombre de cas être exprimé par une conjonction de coordination (Il fait beau et les enfants vont pouvoir aller jouer dans le jardin).

La relation de subordination implique la présence d'une proposition dite principale, dont dépendent une ou plusieurs propositions subordonnées et d'un terme introducteur, qui peut être une conjonction de subordination, du type que, quand, lorsque, comme, si, etc. (Quand vous aurez un instant, pensez à les rappeler) ou un pronom relatif, c'est-à-dire un pronom du type qui, que, quoi, dont, où, etc. (Pensez à rappeler la personne qui vous a demandé ce matin).

Par ailleurs, quel que soit le nombre des propositions qui les constituent, la plupart des phrases complexes peuvent être ramenées au modèle de base de la phrase simple. Dans La maison qu'on venait de repeindre en blanc surplombait la mer, la proposition relative qu'on venait de repeindre en blanc joue syntaxiquement un rôle comparable à celui que jouerait l'adjectif blancdans la phrase La maison blanche surplombait la mer. (Voir Proposition).

La phrase n'est pas un constituant syntaxique d'un ensemble plus vaste, même si sa signification peut être liée à celle des phrases qui lui servent de contexte. Dans une phrase comme Je préfère celui-là, la signification du démonstratif celui-là dépend de son contexte, c'est-à-dire à la fois des phrases qui précèdent et de la situation. Par ailleurs, les phrases portent nécessairement la trace de l'attitude du locuteur face à ce qu'il dit. Il peut simplement déclarer quelque chose et on dira alors que la modalité de la phrase, c'est-à-dire le mode de présentation de son contenu, est déclarative. Il peut interroger sur le contenu de ce qu'il dit et la modalité de la phrase sera dite interrogative. On distingue quatre modalités (déclarative, interrogative, exclamative et impérative). Toutes les modalités peuvent être combinées avec la négation. Les phrases qui expriment un ordre sont des phrases dont la modalité est impérative, et celles qui expriment une interdiction sont par conséquent à la fois impératives et négatives (Ne venez pas). Par ailleurs, la modalité impérative peut être exprimée par des phrases dont le verbe n'est pas à l'impératif (Je t'interdis de continuer).

Apporté par: Isabel Alfaro Flores